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Le producteur phonographique

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Le producteur phonographique est celui qui va engager de l'argent sur une production et accompagner l’artiste dans le développement de sa carrière.

 

Produire un album peux coûter très peu, mais aussi beaucoup d'argent… Jusqu'à 200.000 euros. Il faut investir pour  payer les répétitions, le studio, les musiciens, les arrangeurs, le réalisateur, le mixage.

 

 

L'enregistrement d'un album est le plus souvent un long processus.

Accompagnés par le directeur artistique, les artistes enregistrent plus de titres, beaucoup de versions et ne conservent que les meilleures. On essaye, on expérimente, on recommence, dans des studios qui coûtent plusieurs centaines d'euros par jour.

Evidemment, il faut rémunérer tous les musiciens, et régler les frais de logement et de transport etc. Puis c'est le mixage, encore des jours de studio, et enfin le mastering.

Le disque est alors prêt à être pressé. Le titre peut être mis en ligne...


 


 


Marc THONON - Fondateur du label Atmosphérique

 

La maison de disques prépare alors la sortie de l'album. D'abord, l'environnement graphique de l'artiste : les photos, la pochette et le livret. Le label confie généralement ce travail à des agences de graphistes et à des photographes. Puis tout le matériel nécessaire pour convaincre. Biographies, argumentaires, revues de presse, clip vidéo, à destination des médias (presse, radio, TV), des blogs et des réseaux sociaux. Ce travail de buzz, de promotion, est long et fastidieux....et forcément coûteux, il exige pendant des mois, la mobilisation d’un personnel nombreux, tant en amont de la réalisation de l’album, qu’en aval, lorsqu’il s’agit de le promouvoir non seulement un album, mais aussi un artiste, un univers auprès des médias, des réseaux sociaux et sur Internet en général.


C’est donc la phase de promotion. Les attachés de presse vont mettre en avant les albums auprès des journalistes, des programmateurs radio et TV, et de toute  toute personne susceptible d'aider à son développement : relancer et convaincre, organiser des partenariats, tout faire pour que les médias l'aident à se faire connaître. Assister l'interprète ou les membres du groupe dans les interviews et éventuellement convier l'auteur et le compositeur à défendre l'album.

Dans le même temps, la distribution s'active auprès des magasins.Les représentants commerciaux sillonnent les routes de France pour convaincre les enseignes, les vendeurs de mettre en valeur cet album. D'abord d'en mettre dans les bacs de façon suffisante, mais aussi de faire un travail de promotion avec des PLV, des points écoute, des shows cases. Le même travail de sensibilisation s’effectue auprès des acteurs de l’internet et de la téléphonie mobile, qui sont des relais incontournables pour exposer le travail d’un artiste aux yeux et aux oreilles du public !


Selon les projets, la maison de disques décidera de faire un clip. Il faudra alors trouver le bon scénario, le bon réalisateur de clip. Parfois, elle décidera d'appuyer la sortie de l'album pour une campagne publicitaire. Il faudra alors définir les cibles et analyser l'impact sur les mises en place en magasins et sur les ventes selon les médias choisis, presse, radio ou TV.



Christophe LAMEIGNERE - président du Snep

Et pourtant, malgré tous ces efforts, les dizaines de personnes qui travaillent autour de l'artiste, les centaines de milliers d'euro investis, l'album ne trouve pas forcément son public. Parfois parce que les médias sont frileux, parfois parce qu'ils ne correspondent pas aux besoins du moment des radios, ou simplement à l'air du temps, à la mode.

Et quand un artiste est "trop en avance sur son temps", ou qu'il n'est pas tout à fait arrivé à maturité, ce sont deux ou trois albums, soit des années de travail et plus d'un million d'euro qu'une maison de disques va investir avant de, peut-être, permettre à l'artiste de rencontrer le succès. Alors seront enfin rémunérés les auteurs, compositeurs et éditeurs des chansons qui ont été à l'initiative du titre.

 

Evidemment, la "concurrence" est rude. Des milliers de nouveaux albums, dans tous les genres musicaux, arrivent dans les rayons des disquaires chaque mois. C'est le prix de la liberté de créer, c'est aussi le prix de la diversité culturelle. Comment une société pourrait-elle accepter de compter ses créateurs sur les doigts d'une seule main et de ne protéger que ceux qui ont les moyens de l'être ?